Dans « Mauvaise pioche », le dernier film de Gérard Jugnot, Charlotte Gabris interprète une des recrues de Jean-Pierre Darroussin, commissaire de police, aux côtés de Philippe Lacheau. Claudia Bacos, elle, se glisse dans la peau de la stagiaire télé qui se pose les bonnes questions. Grâce à elles deux, l’histoire du film va prendre une tournure différente…

Plutôt une bonne pioche de jouer dans cette comédie et avec ces deux rôles ?
Charlotte : Oui ! Gérard est venu nous chercher. Pour ma part, j’avais joué auparavant avec lui une seule scène dans « Baby-sitting » ; et il y a deux ans, Claudia et moi avons fait le film « On aurait dû aller en Grèce ». C’est là qu’il nous a proposé de jouer ces deux rôles dans ce film. C’était génial, on était trop contentes !
Claudia : Au-delà du cadeau qu’il nous fait de nous offrir un rôle, moi par exemple, je jouais sa fille dans « On aurait dû aller en Grèce », une fille pourrie gâtée, un peu peste, intelligente mais dans un truc beaucoup plus agressif, impertinent, le contraire de ce rôle. Et d’ailleurs, l’une des premières choses que Gérard m’ait dit quand il m’a offert ce rôle dans « Mauvaise Pioche » c’est : « là tu vas jouer une gentille, elle te ressemble ». Ca fait hyper plaisir !
Sympa le compliment !
Claudia : Oui ! Et c’est la première fois que j’allais dans un rôle beaucoup plus doux, avec un caractère plus en retrait et une empathie immense pour le personnage qu’interprète Gérard, donc c’était un bonheur d’avoir un rôle plus réfléchi, introverti, c’était très agréable à jouer.
Quel genre d’actrices êtes-vous justement ? Plutôt du genre qui va apprendre tout son texte par cœur, ou qui laisse un peu la place à de l’impro ?
Claudia : Ca va dépendre du metteur en scène, de la liberté qu’il donne et de ce qu’il a envie de faire. Le texte, c’est la base mais après, comme Gérard par exemple, il y a ceux réfléchissent à la pause-déjeuner sur la ou les scènes de l’après-midi ; là on peut s’autoriser de la liberté, chercher à deux… Et puis il y en a d’autres qui veulent que tout soit fait comme sur une partition, ça dépend du film en fait.
Charlotte : Cela dépend aussi du stade où en est notre carrière. Moi je sais que j’ai dû beaucoup me battre, au début en tout cas; ça m’arrivait parfois d’avoir un jour de tournage et mon challenge était de me dire : « joue le rôle tellement bien que l’on va te reproposer un autre jour de tournage ! » C’est comme ça que j’ai débuté dans le cinéma. Même la plus petite des répliques, je l’apprenais parfaitement comme si c’était le rôle de ma vie ! J’ai souvent eu à faire à des metteurs et metteuses en scène qui me laissaient beaucoup de liberté, avec qui je cherchais le personnage, avec qui je pouvais proposer des trucs ; mais j’aime beaucoup aussi être dirigée. C’est génial de travailler avec quelqu’un qui sait exactement ce qu’il veut.
La difficulté quand on est comédien.ne, ça peut être aussi d’être trop (ou pas assez !) impressionné.e par le réal ? Ou l’apprécier moyennement ? Faut-il connaître le réal pour bien jouer ?
Charlotte : Moi j’arrive assez bien à avoir la distance, et de me dire que la personne avec qui je tourne n’est pas celle que je connais dans la vie de tous les jours. En tout cas, je mets cette distance-là, mon but est d’être au service de ce que cette personne veut et de ce qu’elle imagine pour le film. En fait, dès que je suis dans le jeu, je ne pense plus à qui est derrière la caméra, sinon ce serait trop dur et intimidant justement.
Claudia : C’est vrai qu’il y a de la concentration à partir du moment où la caméra tourne et l’on doit bosser, une bulle de concentration qui se fait. On est dans une espèce d’espace-temps décousu et hors de toute réflexion extérieure ; et pour autant sur ce film, moi mon premier jour, j’étais noyée de stress. Parce que Gérard m’avait fait cadeau de ce rôle, je savais qu’il m’avait rencontrée dans le travail et qu’il m’avait vu bosser pendant 19 jours, et c’était pour ça qu’il m’a fait confiance; et entre temps, on a construit une relation extérieure et professionnelle, je l’aime énormément et je suis arrivée sur le tournage avec une pression que je m’étais mise toute seule, de me dire qu’il fallait être au rendez-vous ! A tel point que le premier jour, il est venu et m’a dit « ça va, tout va bien ! ».

Vous avez appris la zumba depuis ce film ?
Claudia : Oui je pense qu’on a un peu de talent quand même…
Charlotte : Oui, oui… En tout cas Charlotte a bien mis la pression !… Elle a très très bien appris sa choré, elle travaillait sur le premier bloc du tournage. On m’a montré tout de suite la zumba de Charlotte en modèle, ça m’a mis la pression direct!
Pression et impressions…
Charlotte : Oh oui ! On parlait d’anecdotes tout à l’heure, moi je peux vous dire que j’étais très impressionnée de tourner avec Jean-Pierre Darroussin. De le voir dans une comédie déjà, ce n’est pas fréquent, et il est quand même drôle ! Il est extraordinaire, j’avoue que j’étais un peu intimidée. Et même avec Michèle Laroque. Je trouve sa carrière tellement dingue ! J’ai adoré les voir bosser tous les deux. J’adore ça sur les tournages, regarder les autres travailler, c’est très inspirant. J’ai eu souvent l’habitude de tourner avec des personnes que je connaissais ou de ma génération, et là j’étais quand même été entourée de gens que je regardais jouer depuis longtemps, j’étais vraiment impressionnée.
Quels sont vos mentors ?
Claudia : Il y en a plein avec qui on aimerait travailler !
Charlotte : Pierre Salvadori…
Claudia : Éric Toledano et Nakache, Maïwenn, Justine Triet, Rebecca Zlotowski, Géraldine Nakache, Jonathan Cohen…
Charlotte : Antony Cordier, le réal qui a fait « Classe moyenne », j’adore ! J’ai trouvé ça fou !
Claudia : Ah oui moi aussi !
Et Gérard Jugnot, quel réalisateur est-il sur un tournage ?
Charlotte : Il est très sérieux, très calme, très doux, très généreux. Il met en confiance, il est très exigeant.
Claudia : Exigeant mais toujours dans la bienveillance. Et il impulse un niveau d’énergie et de joie, j’ai rarement vu ça. On travaille avec rigueur et précision mais il insuffle un moment de bonheur, avec de la joie permanente ! Il a l’énergie et le plaisir de jouer comme si c’était son premier film, c’est absolument fascinant à voir !
Que peut-on vous souhaiter aujourd’hui alors ?
Claudia : Beaucoup de travail !
Charlotte : Et d’avoir une longue carrière dans la joie, d’être heureuses…
C’est plutôt bien parti non ?
Charlotte : Oui…
Claudia : Oui !
« Mauvaise pioche », un film de Gérard Jugnot
Sortie le 1er avril 2026