Un film de Steven Spielberg, avec Emily Blunt, Josh O’Connor, Colin Firth, Eve Hewson, Colman Domingo
2h25 / Sortie nationale le 10 juin 2026

L’AVIS DE LEO
Poursuivi par la mystérieuse agence Wardex après avoir volé des données sensibles, Daniel Kellner semble déterminé à divulguer au monde entier les informations en sa possession, qu’il juge révolutionnaires, et qui méritent d’être révélées à toute l’humanité. Au même moment, et à des kilomètres de là, la journaliste Margareth Fairchild est en proie à de mystérieux pouvoirs après être rentrée en contact avec une entité surnaturelle. Alors prise de visions, un nom lui revient sans cesse, celui de Daniel Kellner…

Le dernier Spielberg ne faillit pas à ses attentes, avec les qualités récurrentes de ses précédentes œuvres : des personnages complexes, une mise en scène spectaculaire, un humour bien dosé et une bande-son signée John Williams mise au service du film. Il est assez intéressant de constater que Disclosure Day n’est pas tant un film à intrigue comme on l’imagine, qu’un thriller à portée sociale.
En effet, au fil du métrage, le suspens laisse peu à peu place à l’action, et la révélation des secrets mis en place ne débouche pas sur une explosion scénaristique, mais plus sur un questionnement des différents personnages, et donc du spectateur. Auriez-vous été d’accord, quel aurait été votre choix, vos réactions ? La présence récurrente de Deus Ex Machina (lorsqu’un événement inattendu vient, de manière commode, dénouer une situation désespérée), irait plutôt dans ce sens, à savoir lisser l’histoire et se concentrer sur l’essentiel : la vérité doit-elle éclater au grand jour ?

En bref, plus qu’un scénario savant, Spielberg et ses équipes apportent plutôt une vision, des questions volontairement sans réponse, le tout nimbé dans une toile de mystère et de paranormal. « Disclosure Day » serait de ce fait un film sûrement plus clivant que la moyenne pour le réalisateur, ce qui lui vaudrait peut être encore plus le coup d’œil.

L’AVIS DE ©REALPOTMAN
La sortie d’un Spielberg est toujours un véritable avènement. Steven Spielberg revient à l’un de ses sujets de prédilection: les extra-terrestres, ou pour reprendre ses propres termes, « les grandes énigmes du cosmos ». Tout jeunot, il se posait déjà la question : « sur l’une de ces innombrables planètes en orbite dans l’un de ces innombrables systèmes solaires, une forme de civilisation suffisamment développée pour voyager jusqu’à nous ? »

Aujourd’hui, il n’attend plus que cela se produise, il passe à l’acte et nous propose cette fiction très réaliste de l’arrivée sur notre continent d’extra-terrestres. Mais il ne s’arrête pas là et pose le problème de notre approche quasi-métaphysique si cela arrivait, le tout dans un thriller que l’auteur lui-même nous a concocté. Deux heures et demi de plaisir, de pur cinéma. Inutile de vous dire que j’ai adoré.

L’AVIS DE CHRISTELE
Savoir que nous ne sommes pas seuls dans l’univers, tout le monde s’est déjà plus ou moins posé la question. Mais l’autre ? L’autre question qui consisterait à demander si cela pouvait se prouver, faudrait-il le révéler au monde entier avec les conséquences, bonnes et mauvaises, que cela pourraient entraîner ? Steven Spielberg a eu ce questionnement dès l’enfance (souvenons-nous de ses premières vidéos). Il nous a régalés de sa « Rencontre du 3e type », « E.T. » et aujourd’hui « Disclosure day ».

Autant le dire d’emblée, même si le film n’est pas notre préféré de sa longue lignée de réalisations, il est indéniablement réussi. Tout est là. Le talent des acteurs avec une Emily Blunt incroyable (« Le diable s’habille en Prada », « Sans un bruit »…), un Josh O’Connor remarquable («Le son des souvenirs », « Rebuilding »…) et un Colin Firth impeccable (« Love actually », « Bridget Jones »…) dans un rôle où on l’attend moins.

Steven Spielberg signe ici un très bon film, aux accents de réflexion collective où chacun pourra puiser sa source d’inspiration. Même si certaines scènes, on ne vous en dira pas plus, peuvent manquer un tant soit peu d’explications (car oui on veut savoir !), on oublie vite ces non-dits hésitants et volontaires pour ne voir que la patte géniale d’un Spielberg très inspiré.