Il est de ces rencontres qui vous impressionnent, vous façonnent, vous plaisent, vous surprennent. Muriel Touaty fait partie de celles-ci. Sa vie n’est pas un long fleuve tranquille, et elle n’en aurait d’ailleurs pas voulu, catégorie poids lourd, femme active et engagée depuis toujours.

Un parcours atypique qui commence en France, puis plus loin, de l’autre côté de la Méditerranée. Muriel Touaty quitte la France à 14 ans pour vivre en Israël, à Tel Aviv, jusqu’à l’âge de 33 ans. De ce périple va naître une carrière bien remplie qui va la mener jusqu’à ses fonctions actuelles, partner Education, Recherche & Innovation chez OnePoint à Paris.

« Je suis un bébé de l’écosystème israélien d’innovation. » D’autant qu’arrivée sur place, il a fallu apprendre la langue. « L’hébreu est une langue sémitique et non pas latine, et donc ça a été un peu complexe mais pas compliqué. » Le bac en poche, elle part faire l’armée. Obligation civique pour les filles de deux ans, elle choisit néanmoins de suivre les cours d’officier une année de plus, « quelque chose d’intéressant » avant d’entrer dans la cour des grands : l’université.

Diplômée d’un master en sciences politiques, elle rencontre des ingénieurs et l’histoire fait le reste… « C’est le fruit des rencontres finalement, c’est pour ça que les plus belles histoires s’écrivent ainsi : la magie et l’alchimie des rencontres entre les uns et les autres. Ça ne vient pas de la raison mais du cœur. » Muriel Touaty monte une start up, Business Layers, « qui développe à l’époque un software d’e-provisioning extrêmement avant-gardiste ». Amoureuse transie de la France, elle décide alors « de mettre tout ce qui était marketing et communication à Paris et puis la R&D aux US, dans le New-Jersey. C’est comme ça que je suis revenue en France en 2001, à l’âge de 33 ans ».
Trois ans plus tard, la start up se fait racheter. Muriel Touaty prend alors les rênes, de 2002 à 2019, du Technion France, représentation française du Technion, l’Institut Technologique d’Israël, à Haïfa…

… Et c’est le début d’une incroyable aventure professionnelle ?
Dix-sept années de passion, d’exaltation, de dépassement de soi oui ! D’abord parce qu’il fallait faire de l’acculturation et de la pédagogie sur un écosystème qui était à 4000 kilomètres, dont on ne connaissait pas finalement les tenants et les aboutissants, et dans un contexte, disons-le quand même, géopolitique et stratégique pas des plus simples. Donc il a fallu déconstruire la narration du géopolitique et du géostratégique pour réécrire un récit autour de l’innovation et la manière dont le Technion pourrait générer de la valeur ajoutée et du retour sur investissement, surtout à l’industrie française.

Votre cible était le CAC 40 du coup ?
Absolument. J’étais complètement focus sur les grands groupes. J’allais les solliciter parce qu’ils résonnaient déjà « open innovation », ils avaient besoin finalement de solutions technologiques métiers pour leurs clients et ils chinaient dans l’écosystème français où la recherche était exceptionnelle, mais qui n’arrivait pas à accoucher d’elle-même ; c’est-à-dire à développer de façon sereine ou à basculer du fondamental à l’applicatif et au marché. Il y a encore hélas une dimension trop silotée entre la recherche et l’entreprise. Et moi je suis arrivée avec un plateau d’argent, avec des solutions prêtes à être utilisées.

Vous touchiez à tous les secteurs ?
Complètement. Le Technion était en plus un système holistique, pluri, inter et transdisciplinaire, qui touchait en effet tous les secteurs des expertises. Mon terrain de jeu était extraordinaire ! A l’époque j’étais jeune, intemporelle, et façonnée aux risques puisque je venais d’Israël. Je vous parlais d’adversité : vous ne savez pas quand vous vous levez le matin, vous ne savez pas si vous allez vous coucher le soir dans l’absolu ou dans la métaphore ou l’illusion. Le seul risque que vous avez, c’est de mourir, donc je suis allée dans cet esprit frapper à la porte de tous les présidents.

« Je viens d’une culture qui est façonnée aux risques et à l’adversité »

En tant que femme, à l’époque, c’était plus facile, difficile, compliqué ?…
A l’époque oserais-je dire, c’était plus problématique. Aujourd’hui on en discute, on sort du bois, on met des mots sur des maux. On essaie finalement de dévier des biais cognitifs et on essaie de travailler le mieux possible, et j’en veux pour preuve ce que je fais aujourd’hui chez OnePoint, sur ces actions concrètes. Mais je ne peux pas vraiment répondre car je n’ai jamais ressenti le moindre problème à l’époque sur cette question. Pourquoi ? Parce que je viens d’une autre culture. D’abord vous êtes un humain, ensuite un homme ou une femme et pour ma part, j’accepte ma condition de femme de bout en bout. Mais j’accuse aussi réception de ma part de masculinité. Probablement parce que je viens d’une culture qui est façonnée aux risques et à l’adversité.

Vous ne vous êtes jamais posé la question en tant que femme…
Exactement. Pourtant, en y réfléchissant et ce n’est pas la première fois, j’ai beaucoup évolué dans un monde masculin mais j’ai pu être et devenir dans ce monde-là et je n’ai jamais, en toute sincérité, senti de décalage, qu’il soit culturel, psychologique, comportemental, cognitif ; on m’a acceptée, respectée. Je venais d’un ailleurs certes. Je répondais en fait finalement à ce qu’on recherchait à l’époque, je cochais toutes les cases en quelques sortes : je venais d’un écosystème à 4000 km donc on accusait réception d’une forme de singularité chez moi qu’on acceptait. Et j’amenais clés en main des solutions.

Des solutions pour l’industrie ?
Oui, et ce qui m’a amenée à matérialiser des partenariats avec de nombreux grands groupes dans un écosystème académique. Non seulement c’est un réseau que j’ai développé pendant dix-sept ans, mais ce sont surtout devenus des amis : présidents d’écoles, d’universités, d’institutions de recherche, publics ou privés. C’est une génération que l’on retrouve tout le temps. C’est un écosystème que je connais par cœur, éducation et ESR en France, et au-delà, ceux qui les portent et les dirigeants.

Vous avez aussi travaillé sur deux autres parties : l’institutionnel et la politique ?
Oui et c’était passionnant. Parce qu’il fallait faire dans notre pays de l’acculturation et de la pédagogie sur qu’était l’écosystème israélien de l’innovation, encore une fois, en se déconnectant totalement de la partie géopolitique. En quoi finalement, sans faire de copié-collé, cet écosystème pouvait être une valeur ajoutée pour l’écosystème français et vice versa. Parce que je ne connais que la bilatéralité et les relations win-win dans l’existence dès lors qu’il y a une opportunité à saisir, un ROI à l’appui. Que le Technion soit en Israël ou à Honolulu, c’était pareil ! Mais il a fallu amener tous ces patrons et les présidents vers ce concept. Il n’y a pas un Président de la République qui m’a échappé depuis 2002. Aujourd’hui, la situation est un peu différente, mais en tout cas, à cette époque-là, j’ai pu bénéficier d’une temporalité assez exceptionnelle.

Quel Président de la République a été le plus réceptif ?
Cela va vous paraître peut-être très étonnant mais c’est François Hollande. Et pourtant on aurait plutôt vu un Nicolas Sarkozy ou Emmanuel Macron mais non. L’un étant plus proche d’Israël pour des raisons qui lui appartiennent et l’autre proche de l’innovation et des entreprises. Cela étant dit, j’ai emmené Emmanuel Macron une ou deux fois en Israël quand il était à Bercy, puis ensuite en tant que Président de la République. Mais je dois dire que sous l’ère de François Hollande, et d’ailleurs Emmanuel Macron était à Bercy à ce moment-là, ça marchait bien. François Hollande ne connaissait pas l’écosystème israélien ; donc il arrivait totalement novice et ne demandait qu’à apprendre et a très vite compris ce que cela pouvait apporter à la société française et à l’écosystème au sens large du terme. Sous son mandat, je pense que c’est là que les liens de proximité se sont intensifiés, que les partenariats se sont accélérés. Il y a eu énormément de partenariats académiques et industriels qui se sont créés.

« Je suis une bâtisseuse, vous ne me donnez rien et je vous bâtis un édifice »

En 2019, vous quittez le Technion. Pourquoi ?
En mai 2019, David Layani président fondateur de OnePoint, que je connais depuis quinze ans, me pose la question : » j’ai une fulgurance, veux-tu venir faire chez moi ce que tu as fait chez Technion ? » Je ne me voyais pas consultante, je ne comprenais pas ce qu’il faisait, je ne fais pas de conseil. Moi je suis une bâtisseuse, vous ne me donnez rien et je vous bâtis un édifice. Ca m’a pris six mois de réflexion et ce fut une très bonne décision. D’abord parce que je suis partie rejoindre David en janvier 2020, un mois et demi avant la Covid. Durant cette période, il y a eu des choses horribles qui se sont passées mais aussi des choses formidables. Quand je suis arrivée chez OnePoint, j’étais une anomalie, mais c’est justement dans des situations de fragilité que l’homme accepte beaucoup plus la différence. Mon intégration a été formidable. Je travaille aujourd’hui avec une liberté sans laquelle je ne pourrai me mouvoir et faire des choses passionnantes.

Aujourd’hui vous êtes Madame Éducation chez OnePoint ?
Je porte l’éducation haut et fort et j’y tiens dur comme fer oui ! Je brandis ce drapeau avec beaucoup de passion tant pour de la formation que pour professionnaliser l’école OnePoint ; nous sommes une entreprise apprenante. On a d’abord travailler en interne. C’était une mission et un engagement éthique de notre président : l’entreprise peut aussi être un relais ou un levier de formation et d’éducation pour former et acculturer tous les collaborateurs. Parce que l’innovation va à toute allure, parce que le progrès nous dépasse parfois. On a d’abord créé en interne des formations qui sont le nec plus ultra, en commençant par un socle commun autour de l’IA, la cybersécurité, le design et les humanités auxquelles je tiens profondément ! Aujourd’hui il existe près de 350 formations certifiées Qualiopi, des formations initiales et majoritairement continues, courtes, plus longues, distancielles, présentielles, digitales… adaptables à tous. Quand on a vu que la mécanique marchait merveilleusement bien en interne, on s’est alors autorisés à pouvoir commercialiser nos formations à nos clients et nos partenaires. Aujourd’hui l’école est un levier commercial.

Là encore, votre cœur de métier n’était pas loin : nouer des partenariats…
En effet et c’est la deuxième chose que j’ai développée chez OnePoint. J’y suis très attachée, pour moi l’institut devait devenir un bouclier régalien et technologique, ce qui allait créer aussi une singularité et une différenciation sur le marché. Et faisant cela, on a créé des partenariats avec de belles signatures de notre écosystème académique. Des formations avec Telecom ou les humanités avec Centrale Supelec, et ce n’est pas anodin si j’ai souhaité le faire avec des ingénieurs. J’essaie de faire bifurquer les chercheurs à regarder autrement la recherche, qu’elle accouche d’elle-même, sur le plan comportemental et cognitif des mœurs et des mentalités. Vers la recherche à l’anglo-saxonne, comme ils disent : « je cherche pour trouver dans une temporalité rapide ». Et je n’ai pas finalement de silo ni de murs ou de barrières, de barrages avec le monde de l’entreprise. L’institut chez OnePoint, c’est la production d’excellence. Nos chercheurs publient dans des revues scientifiques prisées, c’est aussi le développement de solutions technologiques de marché.

Aujourd’hui l’innovation arrive très rapidement à nouveau !
Oui, avec l’IA qui bouleverse les esprits, les cœurs et les raisons ; nous sommes imbriqués entre l’IA générative et l’IA agentique, le client a besoin de plus de conseils et de services. Et c’est là où les travaux de nos chercheurs nourrissent ces offres-là et génèrent du chiffre d’affaires. Nous travaillons d’ailleurs pour les ministères et différentes autres institutions. L’éducation aujourd’hui subit une véritable métamorphose, que ce soit sur des formations, de la pédagogie, de la pédagogie personnalisées, sur des modèles économiques à revisiter dans ces écoles et universités. Que ce soit sur des enjeux dits de souveraineté, de plateformisation. Comment créer de l’agilité pour l’étudiant, l’enseignant, l’admin, l’alumni, pour que tout ce beau monde puisse cohabiter, pour avoir aussi une temporalité plus rapide, pour le confort de tous ? On a affaire aujourd’hui à une génération native autour de l’IA, et que les « sachant », autres générations différentes et qui ont un peu plus de mal, ne comprennent pas toujours. Quand on voit ce chiffre édifiant de 90% de lycéens utilisent de l’IA (pour moi c’est de l’utilisation sans conscience car ils ne le maîtrisent pas) contre 9% des enseignants… Le décalage est énorme, édifiant, et il fait peur.

« Il faut maintenir autour de l’IA notre condition humaine, bousculer la zone de confort et cette illusion d’être autre chose que soi »

Comment fait-on pour acculturer les enseignants, les ministères et les entreprises ?
C’est notre job ! Pour ma part, j’écris beaucoup, je fais de la résistance humaniste. Il faut maintenir autour de l’IA notre condition humaine, bousculer la zone de confort et cette illusion d’être autre chose que soi. Parce que l’IA nous donne l’illusion d’être cette puissance créatrice… Comment ne pas se laisser aller en tant qu’humain à la paresse physique et intellectuelle, comment éveiller et réveiller l’esprit critique, le discernement pour une meilleure prise de décision et une meilleure remise en question ? Tout ça est assez complexe et il en est du devoir d’une entreprise qui œuvre pour le bien commun aussi d’être à ce rendez-vous-là, tant pour la génération Z que les autres. Je crois beaucoup au mentoring inversé. Comment faire gagner en maturité en consciences les jeunes en les mettant en posture justement de « sachant » ? Comment rajeunir nos seniors en les faisant réapprendre ?

La Gen Z. La culture est-elle la même avec l’IA ? Les réseaux sociaux ? Est-ce une génération qui se questionne moins de fait ? On appuie sur quel curseur ?
On ne peut pas laisser passer l’éveil de l’intelligence chez les jeunes. Ce sont quand même les garants de la société de demain, ils seront aux manettes, aux commande de ce que sera notre pays, et notamment de son économie. Si on ne façonne pas aujourd’hui des citoyens responsables, éthiques, engagés et qui ne se laissent pas aller finalement dans l’illusion de devenir des savants (et non des sachant) par l’outil, où va-t-on ? Cet outil n’est finalement qu’une régurgitation de savoirs et de connaissances, non pas issus d’une pensée en profondeur, mais d’internet. Et pour ma part, ça me pose question.

Ca vous interpelle sur la façon de faire avec les jeunes ?
Si l’IA aujourd’hui peut remplacer les compétences techniques, travaillons sur le supplément d’âme qu’elle ne peut pas donner. C’est-à-dire les humanités, les compétences dites douces et molles. Chez nos jeunes, comment travailler le dépassement de soi, j’accuse réception de la lenteur et de la profondeur d’esprit et de raisonnement, comment remettre toujours en question ce qui parait finalement évident. Comment on revient finalement sur le doute socratique. C’est ça l’esprit critique, la prise de hauteur, le discernement. Ce qu’il se passe avec l’IA est extrêmement intéressant, il faut s’en faire un allié, que ce soit complémentaire à notre condition humaine et pas devenir des subordonnés, des otages de la chose. Comment faire en sorte de ne pas inverser les rôles et les fonctions, que la chose ne devienne pas sujet de désir et que nos sujets deviennent objets. J’ai très peur sur le plan psychanalytique même de cette inversion-là. Et sur ce plan, est-ce que l’IA n’est pas le miroir de notre incapacité d’être puisqu’elle nous donne une zone de confort, l’illusion de créer alors qu’on ne crée rien, l’illusion de savoir alors qu’on ne sait rien ? Qu’on n’a pas été chercher en nous le savoir et la connaissance ? Pire, même la transmission de ce savoir et de cette connaissance. Attention à la paresse physique et intellectuelle.

« Il faut utiliser l’IA en conscience, et la maîtriser avec discernement »

C’est-à-dire ?
On parle par exemple des politiques et des grands singes, on a cette métaphore avec le premier film de « La planète des singes » (Franklin Schaffner, 1962) et de l’analyse faite par le paléontologue, Pascal Picq. Qui prendra le pouvoir ? L’IA ou l’humain ? Finalement personne n’a pris le pouvoir, l’humanité était finie, et pourquoi ? C’était la fin de notre condition humaine pace que l’homme avait renoncé. On est en train de renoncer.
Il faut utiliser l’IA en conscience, et la maîtriser avec discernement. Elle ne va surtout pas remplacer notre profondeur d’esprit. On la challenge. Il faut avoir l’intelligence, cette capacité de poser la bonne question. Le plus intéressant finalement n’est même pas la réponse, c’est la question, et comment on apprend à nos jeunes à se questionner pour questionner l’énonciation de la bonne question.

Et rester curieux, continuer de développer leur curiosité…
Bien sûr ! Créativité, imaginaire, curiosité oui ! Être curieux est l’élément majeur. Aller chiner dans les fins fonds de soi-même et les lectures ! On n’écrit plus, on ne lit plus. Mais le livre représente plus que son fond, il a sa forme, son odeur, son toucher…

C’est ce que vous appelez « la culture de l’arrogance » ?
En effet. Il faut résister. Et cette culture dont je parle est l’audace. Ne pas avoir peur de soi. Comment apprend-on à nos enfants à ne pas avoir peur ? Parce que le portable, par exemple, c’est une zone de confort. Est-ce qu’aujourd’hui l’école doit, peut-être, avoir un autre rôle ? Ne doit-elle pas être un bassin expérimental plus proche de la société par exemple ? Ne doit-elle pas se réinventer pour avoir un lien plus étroit avec le monde de l’entreprise ? Est-ce qu’elle ne doit pas aussi réfléchir sur le renoncement des parents ? Les parents démissionnent. L’école ne peut pas tout remplacer.

Vous pensez que le portable nous a volé notre ennui… ?
Oui ! On ne sait plus s’ennuyer, on ne sait plus prendre le temps du temps. Si l’éducation ne prend pas le relais là maintenant, on a un vrai problème.

muriel touaty

Comment voyez-vous l’éducation aujourd’hui, et dans dix ans, vingt ans ?
Je ne sais pas comment je la vois dans une semaine ! Cette question de prospective est difficile. Moi je reste extrêmement optimiste et je la vois multiple en fait, holistique. Parce que d’abord nous sommes des êtres multiples. Je pense qu’il va y avoir un sursaut. Je vois la société multidisciplinaire, multi-expertise, multi-typologies/profils humains. Je pense qu’on s’achemine au contraire vers une société, si l’éducation s’engage dans la mission dans laquelle elle doit s’engager, qui va bouger.
La culture en France a toujours été de la partie : être au pied du mur pour pouvoir assurer le grand sursaut, et on va y arriver ! Sans parler de la situation géopolitique, géostratégique… Ce sursaut doit se faire assez vite. Il y a de très belles âmes parmi les gens de l’éducation, des gens extrêmement brillants, le sursaut va être assuré.
Il faut de l’éducation et l’éducation de la clairvoyance. J’appelle l’école à avoir une pédagogie de la clairvoyance. C’est justement plus se concentrer sur nos humanités, plus travailler sur l’esprit critique, de curiosité et de discernement de nos jeunes, et donc de prise de hauteur, de sagesse.

Vous bâtissez encore comme il y a quelques années lorsque vous débutiez ?
En 2001 je reviens en France, en 2002, je crée le Technion, 17 années de bâti, et dans la douleur car on n’a pas rien sans rien. Il a fallu être dans le dépassement de soi, ne jamais renoncer, ne rien lâcher. La porte était fermée, je passais par la fenêtre… Ca a un prix, mais ça a le prix de la liberté. Et là oui absolument, rebelote, je bâtis chez One Point, je bâtis à mon tout petit niveau, au rythme de la société. C’est une mise en abyme, mais c’est exactement ça : deux séquences de mon existence. Ça remet les compteurs à zéro !

Ce sont vos conseils aux jeunes ? Peut-être ont-ils eux aussi l’envie d’être cette anomalie dont vous parlez…
La première chose : aimez-vous et acceptez-vous ! La problématique de notre société est que les gens ne s’aiment pas. C’est dur de s’aimer, de se faire confiance, de s’accepter. Comment voulez-vous avancer sinon ?

Prochain évènement OnePoint : « Métamorphoses » en octobre 2026.